Morschwiller-le-Bas
Haut-Rhin  —  Alsace  —  Grand Est

Un peu d’histoire

Le document le plus ancien concernant Morschwiller-le-Bas (qui s’est appelé Maurswiller, Nittermorswilr, Niedermorschweiler, …) date de 728. Il s’agit d’un acte de donation de la localité cédée au Couvent de Murbach par Eberhard, duc d’Alsace et Comte de Nordgau.

Le couvent St Alban de Bâle (1141), l’Abbaye de Lucelle (dont les moines construisirent bien plus tard le presbytère, rue de la Cure) seront aussi propriétaires du village. Celui-ci passa ensuite aux mains des Comtes de Ferette (1354), à celles des Comtes d’Eguisheim, puis aux Habsbourg qui cédèrent leurs droits aux Von Dornach-Zu Rhein (1438) jusqu’à la Révolution (1789).

De nombreux autres couvents possédaient aussi des propriétés dans la commune: l’abbaye de Masevaux, les Clarisses de Mulhouse, l’abbaye d’Istein (pays de Bade)…

La seigneurie d’Alkirch fit de Morschwiller-le-Bas au 15e siècle  le centre d’une mairie « Meyerhof ».

Raymond Binder, l’auteur d’une chronique du village, nous apprend que la commune eut à souffrir du passage des Anglais, des Armagnacs au 15e siècle et des Confédérés (les cantons suisses venant au secours de Mulhouse).  Par contre, la guerre des Paysans (1525) ne laissa aucune trace à Morschwiller-le-Bas.

Durant la Guerre de Trente Ans (1618-1648) le village fut plusieurs fois incendié par les Suédois. Les sévices opérés dans la région par les troupes de Gustave Adolphe laissèrent de très mauvais souvenirs aux habitants, à tel point que les parents disaient encore à leurs enfants: « Si tu n’es pas sage, le Suédois viendra… » Il ne serait resté que 7 familles au village.

Nous ne disposons pas de documents significatifs sur les périodes de la Révolution et de l’Empire à Morschwiller-le-Bas, sinon que le général cosaque de la Sainte Alliance, vainqueur de Napoléon avait pris quartier dans le château des Zu Rhein.

En 1870, le Maire Harnist, propriétaire du moulin, chemin de Lutterbach, demanda à la population de se réfugier avec le bétail en forêt de Hochstatt. Mais il n’y eu pas de bataille sur le banc communal.

En revanche, les deux dernières guerres ont fait de nombreuses victimes et causèrent beaucoup de dégâts matériels.

En 1917, le village fut entièrement évacué jusqu’à l’armistice du 11 novembre 1918.

Des pages douloureuses s’écriront encore pour le village en 1940, quand, le 14 juin, les allemands entreront en vainqueurs puis procèderont en 1942 à l’enrôlement de force des jeunes dans l’Arbeitsdienst puis dans la Wehrmacht.

Morschwiller-le-Bas a été libéré le 21 novembre 1944, deux mois avant Lutterbach et Reiningue.

Les armoiries

Les armoiries de la commune ont été approuvées par le Conseil Municipal le 3 septembre 1979.

En langage courant, le blasonnement indiquent un écu divisé verticalement en deux parties égales. La partie de gauche en regardant l’écu possède un fond bleu (azur) sur lequel est posé une fasce jaune (or), de part et d’autre de ce meuble sont placées des étoiles à cinq rais blanches (argent), deux au-dessus, une en dessous, la partie droite étant garnie par un lion de couleur vert sur fond argent.

La composition des nouvelles armoiries est inspirée de celles des seigneurs qui ont possédé le village avant la Révolution :

  • à droite de l’écu : les armoiries de la famille des Zu Rhein (lion), qui succédèrent à la famille de Dornach et furent propriétaires d’une partie du village.
  • à gauche, les armoiries des De Bergeret (étoiles) qui ont détenu une autre partie du village de 1730 à 1789. Les armoiries de cette famille se trouvent d’ailleurs sur une pierre-borne du ban.

Avant 1979, les armoiries (non officielles) de Morschwiller-le-Bas ne représentaient que les armes de la famille De Bergeret. Or la Commune de Richwiller, qui a également appartenu aux De Bergeret, a en premier adopté officiellement les armes de cette famille. Deux communes ne pouvant avoir les mêmes armoiries, le Conseil Municipal a définitivement opté pour la composition décrite ci-dessus.